Éclairage des entrepôts logistiques : les angles morts que vos capteurs ne verront jamais

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Tout le monde parle aujourd'hui de gestion de l'éclairage, de détection de présence et de "smart building" dans la logistique. Mais dans les entrepôts français où je mets les pieds, je tombe encore sur les mêmes angles morts... que ni vos capteurs, ni vos tableurs Excel ne voient venir.

La logistique 24/7 ne supporte plus un éclairage approximatif

En 2024‑2025, la pression sur les chaînes logistiques s'est encore durcie : e‑commerce, flux tendus, travail de nuit, pénurie de main‑d'œuvre. Face à ça, l'éclairage devrait être un allié discret, évident. Mais il reste souvent un compromis bancal entre finance, HSE et exploitation.

Pourtant, l'ADEME le rappelle : l'éclairage représente jusqu'à 30 % de la consommation d'énergie des bâtiments tertiaires et logistiques. C'est un gisement d'économies majeur, à condition d'arrêter de jouer aux apprentis sorciers avec trois détecteurs mal placés.

Ce n'est pas un hasard si Eklalight consacre un univers complet à la logistique et un autre à la gestion de l'éclairage (quand elle est déployée). Les enjeux dépassent de loin le simple confort visuel.

Angle mort n°1 - Les zones de transition, là où ça casse

Les statistiques d'accidents dans les entrepôts sont implacables : ce n'est pas toujours au milieu de l'allée rectiligne que ça se joue, mais aux croisements, aux sas, aux changements de niveau. Autrement dit, dans ces espaces de transition qu'on éclaire "comme on peut".

Concrètement, je vois encore :

  • des sas de quai sous‑éclairés avec des contrastes violents jour/nuit
  • des zones de picking semi‑automatisées éclairées comme des circulations
  • des jonctions entre mezzanine et RDC où l'œil n'a pas le temps de s'adapter

Or ce sont précisément ces endroits qu'il faudrait surdimensionner en qualité d'éclairage, en uniformité, en maîtrise de l'éblouissement. Ce que la plupart des projets traitent à coups de luminaires "de rattrapage" ajoutés après coup.

Angle mort n°2 - L'illusion de la détection de présence parfaite

Les commerciaux adorent ce discours : "On mettra des détecteurs partout, la lumière ne s'allumera que quand il faut." Sur le terrain, je vois surtout deux dérives :

  • des caristes qui pestent parce que la lumière s'allume avec 2 secondes de retard
  • des détecteurs mal positionnés qui laissent des zones dans la pénombre

Résultat : les équipes bricolent. On met les luminaires en forçage permanent "pour être tranquilles". Adieu les économies promises, bonjour la frustration.

Dans un bon projet de gestion de l'éclairage, on commence à l'envers :

  1. On cartographie vraiment les flux (piétons, chariots, préparateurs, robots)
  2. On définit des scénarios par zone (quais, allées principales, picking, réappro)
  3. On place les capteurs en conséquence, puis on affine sur site après mise en service

C'est ce genre de démarche qu'on retrouve sur les projets sérieux, du type de ceux présentés dans les références d'entrepôts logistiques chez Eklalight, loin du simple "on met des détecteurs de mouvement, ça ira bien".

Angle mort n°3 - Le confort visuel des préparateurs, grand oublié

Il y a un détail que je remarque souvent quand je visite des plateformes d'e‑commerce en France : les bureaux sont nickel (merci les univers Tertiaire & Collectivités), mais les préparateurs travaillent dans une lumière sèche, froide, parfois agressive.

On a oublié que :

  • un travail de picking intensif nécessite un éclairement suffisant, mais aussi une lumière douce
  • des contrastes trop marqués avec les écrans de terminaux radio fatiguent énormément
  • une température de couleur unique pour tout l'entrepôt est rarement optimale

Certains opérateurs finissent leurs shifts les yeux brûlants, mais ils ne le diront jamais en audit officiel. Ils en parleront à la pause, c'est tout.

Angle mort n°4 - Le bruit lumineux des parkings et zones extérieures

C'est une dérive très française : "dehors, on éclaire fort, comme ça on est tranquilles". Sauf qu'avec les nouvelles contraintes environnementales, la pollution lumineuse devient un sujet politique et réglementaire à part entière.

Les zones de parkings poids lourds, particulièrement, sont souvent :

  • équipées de projecteurs trop puissants, mal orientés
  • gourmandes en énergie pour une fréquentation réelle assez faible
  • génératrices d'inconfort pour les riverains et les conducteurs fatigués

Les solutions d'éclairage de parkings modernes - luminaires pilotables, asymétriques, gestion par scénarios - permettent de réduire radicalement ce bruit lumineux tout en améliorant la lisibilité des espaces. Encore faut‑il accepter de remettre en question les habitudes de projet des années 90.

Angle mort n°5 - Les rythmes circadiens des équipes de nuit

Là, on touche un sujet tabou. En logistique, le travail de nuit est massif. Mais combien de plateformes se demandent sérieusement quel type de lumière elles imposent à ceux qui vivent à l'envers du reste du pays ?

Les travaux sur la lumière dynamique et le biorythme humain ne concernent pas que les bureaux ou les hôpitaux. Les principes déployés dans les univers Santé pourraient inspirer les sites logistiques :

  • lumière plus froide et stimulante en début de nuit pour favoriser la vigilance
  • lumière progressivement plus chaude en fin de shift pour limiter la casse sur le sommeil
  • zones de pause travaillées avec un éclairage apaisant, non agressif

On est loin des néons blafards allumés à fond H24. Pourtant, ce sont ces détails qui feront la différence sur l'attractivité des métiers logistiques, dans un marché du travail déjà extrêmement tendu.

Angle mort n°6 - Data, oui, mais pas sans regard humain

Les solutions "smart lighting" arrivent de plus en plus fort sur le marché français : luminaires connectés, capteurs qui mesurent tout, tableaux de bord à gogo. On peut suivre en temps réel les consommations, la présence, l'état des équipements.

Sur le principe, c'est une excellente nouvelle. Mais je vois déjà poindre le risque : celui de projets conduits par la data seule, sans aller voir ce qui se passe vraiment dans les allées.

Une plateforme logistique réussie, c'est un trio :

  1. Des données issues des capteurs et de la gestion d'éclairage
  2. Des retours d'usage des opérateurs, caristes, responsables de quai
  3. Un regard d'expert lumière capable d'arbitrer, d'anticiper, de comprendre le non‑dit

C'est précisément cette approche globale qu'on retrouve dans la philosophie d'un concepteur lumière comme Eklalight, qui ne se contente pas de vendre des boîtes de luminaires connectés.

Vers des entrepôts réellement intelligents, pas seulement connectés

Au fond, la grande erreur des projets d'éclairage logistique, ce n'est pas de manquer de technologie. C'est de manquer de lucidité sur les usages réels. On croit que les capteurs verront tout. Ils ne verront jamais une équipe épuisée, un préparateur qui plisse les yeux ou un cariste qui lève le pied parce qu'il ne "sent" pas un croisement.

Si vous pilotez un entrepôt en France aujourd'hui, il est sans doute temps de rouvrir ce dossier, sans complaisance : vos luminaires, vos scénarios, vos capteurs servent‑ils vraiment vos équipes, vos flux, vos objectifs énergétiques ? Ou sont‑ils juste là pour cocher une case "LED + détection" sur un rapport RSE ?

La réponse ne se trouvera pas uniquement dans un tableur de consommations, mais dans un diagnostic d'éclairage complet. Et si le sujet vous démange, ce n'est probablement pas un hasard. Autant le traiter à fond, en vous appuyant sur une équipe qui connaît aussi bien la technique que la réalité des quais, à commencer par un premier échange via la page Villes d'intervention ou le formulaire de contact.

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