Lumière dans les EHPAD : ce que les plans d'éclairage oublient des résidents

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Dans les EHPAD et les résidences seniors, on parle d'ergothérapeutes, de mobilier adapté, de protocoles d'hygiène. Mais l'éclairage LED reste souvent un parent pauvre, alors même qu'il façonne la vie quotidienne des résidents, du lever au coucher. Et parfois, brutalement.

Vieillissement visuel : une réalité systématiquement sous‑estimée

Lorsque j'ouvre un dossier de rénovation d'EHPAD en France, je tombe encore trop souvent sur des plans d'éclairage pensés… pour des adultes en bonne santé de 30 à 50 ans. Sauf que la vision d'un résident de 85 ans n'a tout simplement plus rien à voir.

Avec l'âge :

  • la quantité de lumière parvenant à la rétine chute
  • les contrastes deviennent plus difficiles à percevoir
  • les éblouissements sont beaucoup plus mal tolérés

Pourtant, certains établissements se contentent encore de plafonniers agressifs dans les circulations, de tubes vieillissants dans les salles de bain, et d'abat‑jour jaunis dans les chambres. La base, déjà exposée dans l'univers Logement - EHPAD - RSS, est encore loin d'être généralisée sur le terrain.

Couloirs et circulations : l'enfer blanc ou le tunnel marronnasse

C'est presque caricatural. On oscille entre deux extrêmes :

  • le « couloir hôpital » : lumière blanche froide, forte, uniforme, sans nuance
  • le « tunnel triste » : spots espacés, lumière trop chaude, coins dans l'ombre

Dans les deux cas, les résidents vieillissants perdent leurs repères. Un contraste mal géré entre le couloir et la chambre suffit pour créer un moment d'hésitation, une marche mal évaluée, un tapis qu'on ne distingue plus clairement… et une chute. On parle ici de risques bien documentés, que des organismes comme la HAS ou l'ANESM ont déjà pointés.

Un couloir d'EHPAD bien éclairé devrait offrir :

  • une lumière continue mais non agressive
  • une température de couleur autour de 3000‑3500 K
  • une excellente uniformité, notamment près des portes et des virages

Et pourtant, combien d'établissements en Île‑de‑France ou en région bordelaise s'en tiennent encore à des solutions bricolées, héritées de rénovations successives ?

Chambres : entre intimité, soin et sécurité nocturne

La chambre, c'est le « chez soi » du résident. Mais c'est aussi un lieu de soins, parfois de surveillance, souvent de réveils nocturnes. La lumière doit composer avec ces trois dimensions qui ne se marient pas naturellement.

Les erreurs que je croise le plus souvent :

  • un plafonnier unique, violent, allumé pour les soins et rien d'autre
  • aucun éclairage de balisage de nuit vers les sanitaires
  • des lampes de chevet trop faibles ou inadaptées aux troubles visuels

Les solutions existent pourtant, et elles ne sont pas ésotériques :

  • un éclairage général doux, dimmable, à température de couleur chaude
  • un éclairage de lecture précis, avec un contrôle de l'éblouissement
  • un balisage discret au niveau du sol vers les toilettes, activé à la détection

On retrouve ici les mêmes logiques que dans les univers Santé plus larges, mais adaptées à la fragilité extrême de certains résidents.

Salles de restauration et salons : la convivialité abîmée par la lumière

Il suffit d'observer un déjeuner dans un EHPAD pour mesurer la puissance - ou la violence - de l'éclairage. Quand la lumière est mal pensée :

  • les visages paraissent fatigués, presque maladifs
  • les assiettes semblent fades, peu appétissantes
  • les zones près des fenêtres sont éblouissantes, celles au fond trop sombres

On a parfois l'impression que tout est conçu pour l'entretien des surfaces, pas pour la dignité des personnes. Un bon projet de lumière dans ces pièces devrait partir de la question : « À quoi ressemble un visage apaisé à midi, ici ? » Et ensuite seulement des lux, des UGR, des flux lumineux.

C'est aussi dans ces espaces qu'un éclairage dynamique - comme celui décrit pour le tertiaire dans Tertiaire & Collectivités - peut faire une vraie différence : lumière plus tonique le matin, plus douce et chaude en fin de journée, pour accompagner doucement le rythme des résidents.

La nuit, ce moment de vérité que les plans d'éclairage ignorent

On conçoit encore trop d'EHPAD comme si la vie s'arrêtait à 21 h. Or pour beaucoup de résidents, la nuit est le moment le plus difficile : insomnies, angoisses, levers fréquents… Et l'éclairage actuel est souvent tout sauf apaisant.

Ce qui manque le plus souvent :

  • des scénarios nocturnes très bas en intensité pour les équipes soignantes
  • un chemin lumineux doux pour les déplacements vers les sanitaires
  • une limitation drastique des sources d'éblouissement direct (spots mal orientés, veilleuses trop crues)

Les études chronobiologiques sont claires : une lumière trop bleue et trop forte en pleine nuit dérègle le sommeil, accentue la confusion et peut aggraver certains troubles cognitifs. On ne peut pas, décemment, continuer à imposer des tubes froids vieillissants dans les couloirs au prétexte qu'« on voit bien ».

Le piège des appels d'offres purement quantitatifs

Une partie du problème vient aussi de la façon dont sont rédigés les marchés publics et privés : on liste des puissances, des quantités, des durées de vie, et on laisse ensuite les entreprises « se débrouiller ». Tout ce qui relève du confort visuel, de la perception, des émotions est relégué en note de bas de page.

Pourtant, c'est précisément ce que des acteurs comme Eklalight savent travailler : transformer un cahier des charges technique en projet de lumière réel, habité. Tirer parti de luminaires européens, durables, avec gestion intégrée, pour répondre aux usages, pas seulement aux lignes d'un Excel.

Les catalogues partenaires, conçus pour l'habitat médicalisé, ne sont pas de simples listes de références ; ce sont des palettes pour dessiner une ambiance cohérente, du parking à la chambre.

Vers des EHPAD qui respectent les yeux autant que les protocoles

On peut continuer à faire « comme avant », à remplacer ponctuellement des luminaires en panne par des modèles achetés à la hâte, sans vision d'ensemble. Ou on peut accepter que l'éclairage, en 2026, n'est plus un détail : c'est une composante de soin, à part entière.

La bonne nouvelle, c'est que les solutions techniques existent, les retours d'expérience aussi, et les aides potentielles ne sont pas négligeables quand on s'appuie sur une équipe dotée d'un bureau d'études labellisé RGE Études. La mauvaise, c'est que chaque année perdue laisse des résidents vivre - et parfois finir - leur vie dans des ambiances lumineuses indignes.

Si vous dirigez un EHPAD, une RSS, un groupe de résidences, vous savez déjà, au fond, si la lumière chez vous est à la hauteur. Si la réponse vous met un peu mal à l'aise, c'est le meilleur moment pour agir. Commencez par revisiter votre projet d'éclairage global, pièce par pièce, avec un concepteur lumière. Et si vous voulez confronter votre intuition à un regard extérieur, vous savez où nous trouver, à Paris comme à Bordeaux, via la page Contact ou la rubrique Lieux.

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